Tout ce qu’il faut savoir sur les maladies métaboliques des bovins

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(Dernière mise à jour : 31 août 2018)

On qualifie de « maladie métabolique » un déséquilibre entre apport alimentaire et besoin de l’animal. Ce type de maladie survient, le plus souvent chez les vaches se rapprochant du vêlage et peut perdurer au-delà de deux mois après la mise bas du veau. Ce déséquilibre peut prendre plusieurs formes et peut engendrer des maladies métaboliques plus ou moins graves. Quelles sont les maladies courantes et comment les éviter ou les traiter ?

La cétose

les maladies métaboliques des bovins

Cette dernière est due à un manque d’énergie chez la vache. C’est une maladie assez courante qui se traduit par une insuffisance de la production de glucose par l’organisme de l’animal. Or, ce dernier en a besoin pour vivre et pour produire de l’énergie donc pour compenser le manque, son organisme va puiser dans ses réserves de graisse.

En règle générale, le glucose que la vache ingère grâce à son alimentation permet la production d’acide propionique, un acide gras volatil qui va permettre à son organisme de fabriquer, à son tour du glucose.

Le problème c’est qu’avant le vêlage, l’alimentation de la vache est fortement altérée d’un côté à cause du tarissement nécessitant un mode d’alimentation spécifique et de l’autre, à cause de la perte d’appétit que la vache subit quand le veau gagne en volume et réduit ainsi le volume de son rumen.

Ainsi, quand durant cette période, son alimentation ne lui procure plus assez de glucose et donc pas assez d’acide gras, son organisme va utiliser les acides gras de ses cellules graisseuses. Le manque sera ainsi compensé, mais ce processus va engendrer la production de déchets que l’on appelle « corps cétoniques ».

Quand ces derniers s’accumulent dans son organisme, ils vont provoquer la cétose. Cette dernière peut se présenter sous divers symptômes parfois évidents et parfois non. Et quand elle s’installe, elle peut favoriser l’apparition d’autres maladies comme la mammite, la métrite, l’infertilité ou encore le déplacement de caillette. On remarque également une chute de la production et une hausse de la matière grasse accompagnées d’une réduction des protéines dans le lait.

En cas de cétose clinique, les symptômes sont facilement reconnaissables tels que :

  • Chute de la production de lait
  • Perte d’appétit
  • Constipation
  • Contraction du tube digestif
  • Troubles nerveux : léchage compulsif, agitation, problèmes de déplacement, …

Si les rations données aux vaches durant le tarissement ont été améliorées pour être les plus équilibrées possibles afin de réduire les risques de cétose, c’est souvent sa perte d’appétit avant la fin du vêlage qui favorise cette maladie.

Pour soigner la cétose, on administre à l’animal des composés énergétiques par voie intraveineuse et par voie orale ainsi que des corticoïdes qui vont booster le taux de sucre dans le sang. Toutefois, même si cette méthode permet d’y remédier, le mieux c’est de toujours bien préparer l’animal au vêlage pour qu’il garde toujours l’appétit.

L’acidose

bovins

Contrairement à la cétose, ici on assiste à un surplus d’énergie dû à une forte augmentation de l’acidité au niveau du rumen. Cette acidité est générée par une forte présence d’acides organiques dans le rumen à cause de la dégradation rapide de l’amidon par les bactéries.

La cause provient donc toujours de l’alimentation, mais cette fois-ci suite à une ingestion en trop grande quantité de concentré qui se fermente trop vite.

Là encore, deux formes d’acidose peuvent survenir : l’acidose aigüe qui peut être fatale pour l’animal et l’acidose insidieuse qui s’installe progressivement quand l’animal est trop souvent nourri avec une ration riche en amidon avec une petite quantité de fibres seulement. Un changement brusque de son alimentation peut également causer cette maladie, acidose chronique ou subclinique, d’où l’intérêt de toujours respecter une certaine transition quand on souhaite changer son alimentation. Cette deuxième forme se remarque, le plus souvent chez la vache laitière.

Pour reconnaître l’acidose, quelques symptômes peuvent apparaître comme :

  • Troubles digestifs
  • Ulcérations de la caillette ou de l’intestin
  • Inappétence
  • Diarrhée
  • Météorisation
  • Chute de la production avec une baisse du taux de matière grasse dans le lait
  • Des périodes de boiterie
  • Troubles du système reproductif

Quand l’acidose est diagnostiquée, il faut ajouter du bicarbonate de sodium dans la ration des animaux pour traiter l’acidité du rumen. Là encore, il est possible de prévenir cette maladie en veillant à une transition alimentaire avant le vêlage.

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La fièvre de lait

Avec la cétose, la fièvre de lait est une maladie métabolique courante chez les bovins. Cette dernière se traduit par un manque de calcium causé par une exportation brutale de tout le calcium vers la mamelle. Son organisme va alors en manquer et ce déficit peut engendrer, peu avant le vêlage, une paralysie progressive de l’animal pouvant lui être fatale si n’est pas traitée à temps.

Dans certains cas, il arrive que le taux de calcium restant dans son organisme n’est pas assez bas pour provoquer la paralysie, mais cette forme d’hypocalcémie peut tout de même entraîner d’autres maladies comme la cétose, les mammites, le déplacement de caillette, des troubles au niveau du vêlage surtout si la maladie survient dans les jours précédents la mise bas, …

Si la fièvre de lait survient, il est important de traiter la vache rapidement en lui faisant une perfusion de calcium par voie intraveineuse et en lui administrant du calcium par voie orale. Ce traitement doit être maintenu pendant quelques heures afin de remédier au plus vite au déficit.

Il est également possible de prévenir cette maladie, souvent causée par une ration trop riche en calcium durant le tarissement. Il est donc important de bien contrôler son alimentation durant le tarissement et si possible, d’y mettre du chlorure de magnésium. Enfin, vous pouvez également administrer du calcium à l’animal sous différentes formes avant et après la mise bas.

L’hypophosphatémie

les maladies des bovins

Souvent causée ou associée à une hypocalcémie, l’hypophosphatémie se traduit par l’insuffisance de phosphore dans le sang de l’animal. Ses causes sont jusqu’ici méconnues, mais cette maladie semble être reliée au métabolisme du calcium et peut d’ailleurs entraîner une fièvre de lait.

Comme avec le calcium, il est donc conseillé d’éviter tout excès de phosphore dans la ration de la vache durant le tarissement et de ne pas lui en donner avant et après le vêlage.

Même si cette maladie reste méconnue, elle est à l’origine du syndrome de la vache couchée pouvant renforcer la fièvre de lait et rendre tout traitement inefficace.

Synthèse

Au vu de toutes ces maladies, il est donc indéniable que les maladies métaboliques soient étroitement liées à l’alimentation de l’animal et aux apports qu’elle leur procure. Pour écarter tous risques, faire un contrôle régulier des rations, surtout durant le tarissement, est essentiel.

Pour information, la période de tarissement se déroule durant les six à huit semaines avant le vêlage chez la vache laitière. Cela se traduit par un arrêt de la lactation durant lequel trois phénomènes se déroulent à savoir :

  • L’involution mammaire
  • Le renouvellement cellulaire
  • Le regénération cellulaire

Pour que cette période se déroule correctement, l’alimentation de la vache doit être modifiée et l’animal doit être mis à l’isolement. Cette modification alimentaire doit se faire en fonction des changements s’opérant au sein de l’organisme de la vache pour qu’aucun excès ou déficit ne survienne.

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